Trahison nationale et cosmopolitisme de la grande bourgeoisie, patriotisme et internationalisme de la classe ouvrière

[Après un été de lecture et d’écriture, beaucoup de choses sont en préparation]

(Article extrait du Numéro 3 de 1951 des Cahiers du Communisme, revue théorique du Parti Communiste Français)

Florimond BONTE

C’est une vieille histoire. Les classes supérieures se mettent toujours d’accord pour tenir sous leur talon la classe ouvrière.

Karl Marx faisait cette importante remarque dans un discours sur la Commune prononcé le 23 mai 1871, en pleine Semaine Sanglante.

Tous les faits de l’histoire de ces quatre-vingts dernières années, de la Commune de Paris de 1871 jusqu’à nos jours, sont venus confirmer, d’une manière éclatante, cette appréciation marxiste fondamentale.

Chaque fois que le peuple s’avance hardiment dans la voie de la démocratie, sur le chemin du pouvoir, les classes dirigeantes préfèrent la défaite de leur patrie à la victoire du peuple.

Toujours le patriotisme est du côté de la classe ouvrière et toujours la trahison se trouve du côté de la grande bourgeoisie.

En 1871, des gouvernants dits français livraient la France au roi de Prusse, pour étouffer la Commune.

En 1940, des gouvernants dits français livraient la France au führer Hitler, pour étrangler la démocratie.

En 1951, des gouvernants dits français livrent la France au potentat Truman, pour maintenir la domination du grand capital.

Karl Marx, dans sa magistrale analyse de la Commune de Paris, publiée sous le titre La guerre civile en France, a appliqué à cette trahison de la bourgeoisie capitaliste la formule saisissante que voici :

Dans le conflit entre le devoir national et l’intérêt de classe, le Gouvernement de la défense nationale n’hésite pas un seul instant à se changer en un gouvernement de la défection nationale.

En 1871, les milieux dirigeants disaient ; «Mieux vaut Bismarck que la Commune.» En 1940, leurs continuateurs déclaraient : «Mieux vaut Hitler que le Front Populaire.» En 1951, ils proclament : «Mieux vaut Truman que le pouvoir du peuple.»

Bismarck et Thiers alliés contre le Paris de la Commune

Certes, bien des choses ont changé en France depuis quatre-vingts ans.

La classe ouvrière française est devenue plus forte, plus solide; elle s’est considérablement aguerrie dans la lutte des classes, dans la lutte pour la libération et l’indépendance nationale.

Elle possède aujourd’hui, son propre parti, un parti de type nouveau, le Parti Communiste.

Les Versaillais, eux aussi, ont changé d’aspect. Les Thiers d’aujourd’hui ont, plus encore que leurs devanciers, peur du peuple, et leur trahison des intérêts de la nation est à la proportion de leur haine des forces de progrès, de liberté et de paix.

Mais, toutes proportions gardées, que de similitudes, que d’analogies entre 1871, 1940 et 1951!

En voici la démonstration.

Le 2 septembre 1870, Napoléon le Petit capitulait honteusement à Sedan. La nouvelle du désastre atteignit la France en pleine poitrine.

Mais, dans un sursaut d’énergie, le peuple se souleva. Il exigeait la déchéance du Badinguet vaincu, responsable des malheurs de la Patrie. Il réclamait l’organisation rapide de la résistance. La République était proclamée.

Les meilleurs fils du peuple, indignés par les visées annexionnistes du roi de Prusse et de son Bismarck, se levaient en masse. Ils s’engageaient dans l’armée régulière, dans les bataillons de la garde nationale, dans les groupes des intrépides francs-tireurs.

Mais face aux initiatives patriotiques hardies de la classe ouvrière et des masses laborieuses, la grande bourgeoisie pactisait avec l’ennemi, faisant œuvre de basse trahison ; Bazaine livrait Metz aux Prussiens qui, par cette brèche, se ruaient sur la capitale.

Dès le 19 septembre, Paris était cerné. Il y avait à Paris 246.000 soldats, mobiles et marins, 7.500 officiers, 125.000 gardes nationaux, décidés à combattre avec vaillance. Il y avait des mécaniciens pour faire des canonniers et des ingénieurs, des contremaîtres, des chefs d’équipe pour faire des cadres. Il y avait là, suivant l’expression de Lissagaray, «gisant à terre, tous les matériaux de la victoire.»

Mais Thiers, le chef du gouvernement, ne voulait pas la victoire de Paris; car cette victoire de Paris sur les Prussiens, c’était la victoire de la République, la victoire du peuple sur les privilégiés et les parasites.

Les grands chefs militaires de l’époque trahissaient, eux aussi, la foi de la nation. 

Maurice Barrés lui-même a montré qu’à Paris comme en province, la guerre de partisans et la guerre de siège étaient capables de donner des résultats.

La guerre des partisans, écrit-il, est à la portée de tout le monde, elle n’exige que du courage et du patriotisme, elle est venue à bout des plus belles armées.

Mais, rivés à la routine, constate Maurice Barrés, ennemis de Paris, mécontents d’eux-mêmes et d’autrui par l’avalanche de leurs défaites lamentables, nos généraux ne possédaient ni la foi qui vient à bout des obstacles, ni l’expérience qui aide à les tourner. Ils n’avaient plus qu’une tactique, qu’une stratégie : arriver à faire accepter la capitulation par la population civile. Leur but n’était pas la victoire, c’était la reddition.

Celle-ci eut lieu, le 28 janvier 1871, par la capitulation de l’armistice.

Le rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur l’insurrection du 18 mars 1871, rapport imprimé au Journal Officiel en 1872, débute par cette phrase, impitoyable dans son accusation :

L’armistice, signé le 28 janvier, était pour la France entière, une grande douleur; pour Paris c’était la capitulation, c’est-à-dire une honte et une déception qu’il n’avait pas cru possibles et auxquelles il ne voulait pas se soumettre.

L’immense effort du siège, les privations de tout genre, si noblement endurées, l’espoir de vaincre et de sauver la France par une lutte suprême, tout cela était perdu et l’on se trouvait tout à coup en présence de l’invasion dans ce qu’elle a de plus horrible…

Beaucoup de Parisiens disaient :

Nous aimons mieux brûler nos maisons que de les rendre à l’ennemi.

Néanmoins, les forts furent rendus par Thiers, les fortifications désarmées, les armes de la ligne et de la mobile livrées. Les envahisseurs pouvaient fouler, de leur talon de fer, les pavés de Paris. Mais ils avaient, eux aussi, peur du peuple; car la garde nationale avait conservé ses armes et ses canons.

Il en était de même pour Thiers. Il comprenait, en effet, que la domination des classes possédantes, grands propriétaires fonciers et capitalistes, ne serait pas assurée tant que les ouvriers parisiens garderaient les armes à la main.

C’est pourquoi l’un de ses premiers projets fut de les désarmer. Il en fit, le 18 mars, la tentative. Mais ce fut, après la riposte énergique victorieuse d’un peuple uni dans l’action, la proclamation de la Commune de Paris.

Il n’y eut plus alors la moindre hésitation dans l’âme noire des Thiers et des Trochu.  Bismarck, l’ennemi d’hier, devint pour eux, l’allié naturel contre l’adversaire commun : le grand Paris de la Commune.

Qu’il nous rende l’armée française prisonnière, s’écriait Thiers, dans les délais les plus courts; cela est nécessaire pour écraser la Commune. Bismarck veut l’Alsace, qu’il la prenne. Il veut la Lorraine, qu’il la prenne. Il veut une contribution de 8 milliards or, qu’il la prenne. Périsse la France pourvu que soient défendus les coffres-forts.

Et Bismarck rendait à Thiers l’armée de Mac Mahon. Le vainqueur et le vaincu fraternisaient dans la même orgie de destructions et de massacres.

Ainsi les travailleurs portaient le courage jusqu’au sublime dans la défense des intérêts de la nation.

Mais les gouvernants trahissaient. Le 18 mai 1871, ils signaient le diktat de Francfort. Et le 21 mai, avec les armes de Bismarck, et sous les yeux de Bismarck, commençait cette terrible Semaine Sanglante qui ne devait se terminer que le 28 mai, sur les hauteurs de Belleville, après le massacre de plus de trente mille communards. Thiers et Bismarck triomphaient sur les champions d’une nouvelle et meilleure société.

Leur civilisation scélérate, fondée sur l’asservissement au travail, noyait dans le sang les gémissements des victimes.

Karl Marx a dit que, pour trouver un parallèle à la conduite de Thiers et de ses limiers, il fallait remonter au temps de Sylla et des triumvirats de Rome.

Même carnage en gros de sang-froid, même insouciance dans le massacre, de l’âge et du sexe; même système de torturer les prisonniers; mêmes proscriptions, mais cette fois d’une classe entière; même chasse sauvage aux chefs cachés, de peur qu’un seul puisse échapper, mêmes dénonciations d’ennemis politiques et privés…

Il n’y a que cette seule différence, faisait remarquer Karl Marx, que les Romains n’avaient pas de mitrailleuses pour expédier en bloc les proscrits et qu’ils n’avaient pas “la loi à la main”, ni, sur les lèvres, le mot d’ordre de la “civilisation”.

Patriotisme ouvrier, trahison capitaliste

L’Histoire a cependant montré que ce n’était pas là l’annonce de l’écrasement définitif de la nouvelle société socialiste, mais, déjà, les signes précurseurs de l’écroulement du pouvoir de la société bourgeoise.

Et en ce qui concerne l’étude qui nous préoccupe aujourd’hui, elle fait apparaître une chose essentielle : c’est le rôle de la classe ouvrière comme garantie de l’indépendance natio­nale face à la politique de trahison appliquée par les classes dirigeantes.

Les Versaillais avaient à ce point perdu tout sens national que leur Francisque Sarcey disait que les envahisseurs étaient «des braves gens calomniés dont on aimait à entendre le ia.»

On ne saurait imaginer, écrivait-il extasié, ce que le ia tenait de choses. Il semblait dire : “Oui, pauvre Français, nous sommes là, ne crains plus rien, tu ne seras plus réduit à lire les boniments de Jules Vallès ou les sanglantes pasquinades du vaudevilliste Rochefort; tu es, ici, en pays libre, sur une terre amie, ia, sous la protection des baïonnettes bavaroises, ia”.

Francisque Sarcey ajoutait :

Je ne puis m’empêcher de répéter à mon tour ce ia en essayant d’attraper l’intonation

et ce Versaillais de faire cette remarque :

Le soldat bavarois ôta sa pipe de sa bouche et dit : “Ah, Vranzais, touchours quai, ia-ia” et nous nous mimes à rire l’un en face de l’autre.

Désormais il sera donc clair pour tous que Karl Marx avait raison lorsqu’il écrivait, en 1871, dans La guerre civile en France :

La domination de classe ne peut plus se déguiser avec un uniforme national, les gouvernements nationaux ne font qu’un contre le prolétariat.

Nous avons parlé, tout à l’heure, des similitudes et des analogies entre 1871, 1940 et 1951. L’étude de la Deuxième Guerre Mondiale nous montre, en effet, qu’elles existent.

Ce sont les mêmes considérations de classe, considérations antinationales, qui ont poussé les gouvernants d’hier à faciliter le réarmement de l’Allemagne hitlérienne, à permettre et aider son intervention en Espagne, à laisser envahir l’Autriche, à capituler à Munich et à faire la «drôle de guerre».

Ici encore, le patriotisme fut du côté de la classe ouvrière, du côté du peuple et la trahison du côté de la classe capitaliste, de la bourgeoisie.

Rappelons-nous rapidement le déroulement des événements. Après le désastre de Sedan en 1940, lorsque les blindés nazis roulaient à toute vitesse vers Paris, il était possible, comme en 1871, de faire face victorieusement à la ruée hitlérienne. Le Comité Central du Parti Communiste Français, dans la tradition du Comité Central de la Commune de Paris, fit au gouvernement Raynaud – De Gaulle des propositions de défense acharnée de la capitale. Il indiquait les conditions nécessaires du succès.

Il fallait arrêter les traîtres de la cinquième colonne, les Laval, les De Brinon, les Déat et les Doriot, libérer les militants et les élus communistes, décréter la levée en masse, armer le peuple, rendre Paris inexpugnable.

Mais en 1940 comme en 1871, défendre Paris, c’était assurer la victoire de la classe ouvrière, du peuple de France. Les Versaillais de 1871 avaient clamé : «Mieux vaut Bismarck que la Commune.» Leurs continuateurs de 1940 répétaient la formule criminelle de l’académicien Louis Bertrand :

J’aime mieux voir Hitler à Paris que les communistes français au pouvoir.

C’est dans ces conditions que les Badinguet et les Bazaine de 1940 ont livré Paris aux hitlériens.

Ils se sont enfuis, comme des poltrons et des lâches à Bordeaux. Ils sont ensuite revenus à Vichy. Ils se sont vautrés à plat ventre dans la boue pour servir de paillassons aux traîtres Pétain, Laval et Cie.

Et ce fut leur honteuse capitulation de Montoire.

Ces individus de sac et de corde étaient dans la tradition des Versaillais. Ils collaboraient avec Hitler comme leurs prédécesseurs collaboraient avec Bismarck. Ils régnaient en France, eux aussi, grâce à la protection des baïonnettes prussiennes. Ils s’attaquaient, eux aussi, au peuple de France. Ils condamnaient, eux aussi, des patriotes, qu’ils livraient ensuite comme otages aux bourreaux hitlériens.

Mais la classe ouvrière «seule restée, dans sa masse, fidèle à la France profanée», les meilleurs fils du peuple répondaient à l’appel du Parti Communiste Français et, à la manière des Communards, ils se lançaient dans la Résistance et multipliaient leurs actes de bravoure, leurs exploits de francs-tireurs.

Quant aux journées ardentes de l’insurrection nationale, elles rappellent les moments où les Communards montaient à l’assaut du ciel.

Les progrès victorieux du prolétariat

Mais, cette fois, contrairement à ce qui s’est passé en 1871, la grande bourgeoisie capitaliste et ses magnats n’ont pu venir à bout de la classe ouvrière et du peuple, car la classe ouvrière, autour de laquelle s’étaient groupées les masses laborieuses, avait considérablement grandi, et elle avait, pour la conduire au succès, un parti d’un type nouveau, un parti qui n’existait pas en 1871, un Parti Communiste.

Et d’autre part, le rapport des forces internationales n’était plus le même qu’en 1871, puisque la Commune vaincue avait eu sa revanche, dès 1917, sur un sixième du globe, lorsqu’à l’appel de Lénine et de Staline, les ouvriers et les paysans avaient abattu le régime tsariste et instauré la République Soviétique Socialiste.

Les Versaillais de 1939-1945 furent vaincus avec leurs protecteurs hitlériens.

La route du progrès, de la démocratie, du socialisme devenait libre. Les travailleurs de notre pays, guidés par le Parti Communiste Français et par son dirigeant aimé, Maurice Thorez, commencèrent immédiatement la lutte énergique pour la renaissance du pays. Mais la réalisation des plans démocratiques s’est heurtée aux entraves et au sabotage des magnats du capital.

Les hommes des trusts, les rois de la banque, qui avaient fait des centaines de milliards de bénéfice, en trafiquant avec les bourreaux de la Patrie, ont immédiatement discerné, dans la mise en œuvre de ces projets, un danger mortel pour les deux cents familles. Ils ont demandé aide et protection aux potentats du dollar. Et avec l’aide active des chefs socialistes de droite à la Blum, ils ont fini par réussir à écarter les communistes du gouvernement.

Ils ont alors remplacé le programme démocratique français de relèvement du pays par le programme réactionnaire de mendicité, de servilité et de capitulation devant la bourse américaine. Et ils ont fait la démonstration que, comme les Versaillais de 1871 et les Munichois de 1939, ils n’avaient plus rien de national.

Pour sauver leurs dividendes, pour maintenir leur domination, ils livrent, eux aussi, la France à l’étranger. Ils laissent les hommes des monopoles capitalistes américains se conduire en maîtres sur le territoire de la France. Ils leur offrent leurs ports, leurs routes, leurs casernes, leurs bases aériennes, jusqu’aux logements dont manquent cruellement les sinistrés français.

Ils font de la France une colonie américaine.

Ils abandonnent l’une des conditions essentielles de la sécurité française : la démilitarisation et la démocratisation de l’Allemagne.

Ils consentent à la reconstitution de la Wehrmacht et ils transforment le pays en un vaste réservoir de piétaille et de chair à canon pour la guerre d’agression américaine contre le pays du socialisme, les pays de démocratie populaire et le mouvement ouvrier et démocratique international.

Ils envoient des Français se faire tuer en Corée et au Vietnam pour les intérêts impérialistes américains.

Ils mettent en péril les finances publiques pour former une armée de 900.000 hommes mise à la disposition d’un général américain.

Ils libèrent les traîtres, emprisonnent les patriotes.

A eux aussi s’applique le qualificatif de «gouvernants de défection nationale.»

Mais, aujourd’hui, comme en 1871 et en 1940, l’étendard de la liberté, de l’indépendance nationale, se trouve entre les mains des travailleurs de la ville et de la campagne et de leur Parti Communiste, le parti de la France

Certes, les gouvernants de défection nationale à la Pleven espèrent, à la manière d’un Thiers, freiner la croissance des forces de progrès et parvenir à maintenir le peuple dans l’esclavage capitaliste.

Après avoir étouffé la Commune de Paris, Thiers avait déclaré, lui aussi, avec vantardise :

C’est la fin du socialisme.

Et pendant quinze ans, non seulement en France, mais dans tous les pays, le pouvoir au service des détenteurs de la terre et du capital n’épargna aucun effort pour en finir avec les velléités de rébellion des masses laborieuses.

Mais qu’a-t-on obtenu?

Frédéric Engels répondait à cette question, le 18 mars 1886, dans son discours consacré au 15° anniversaire de la Commune de Paris :

Regardez autour de vous. Le socialisme ouvrier révolutionnaire aujourd’hui est une puissance devant laquelle tremblent tous les pouvoirs établis, tous les grands de la terre, les radicaux français aussi bien que Bismarck, les rois boursiers de l’Amérique aussi bien que le tsar de toutes les Russies. Ce n’est pas tout. Nous sommes arrivés à ce point que nos adversaires, quoi qu’ils fassent, et bien malgré eux, travaillent pour nous. Ils ont cru tuer l’Internationale, eh bien! aujourd’hui, l’union internationale du prolétariat, la fraternité des ouvriers révolutionnaires de tous les pays est mille fois plus forte, plus vivante qu’elle ne le fut avant la Commune de Paris; l’Internationale n’a plus besoin d’une organisation formelle, elle vit et grandit grâce à la coopération spontanée, cordiale des ouvriers d’Europe et d’Amérique.

Et Engels s’écriait :

Tous les événements tournent en notre faveur. Les mesures les mieux calculées pour arrêter le progrès victorieux du prolétariat ne font qu’accélérer la marche.

Les Versaillais de 1951 feraient bien de se souvenir de ces leçons de l’histoire et de comprendre qu’aujourd’hui il y a toute raison, pour la classe ouvrière, d’avoir la certitude absolue de la victoire des forces de progrès, de démocratie, de socialisme et de paix, puisque déjà plus de huit cent millions d’êtres humains, de Berlin à Pékin, en Europe et en Asie, vivent et luttent victorieusement sous le drapeau de la Commune et sont en train de réaliser le rêve de ses héros et de ses martyrs et puisque, à l’exemple des Communards, les travailleurs de tous les pays renforcent leur union internationale.

L’esprit internationaliste de la Commune

Il est, en effet, une caractéristique fondamentale de la Commune de Paris qu’il ne faut pas oublier. C’est, avec son patriotisme, son internationalisme.

Si la Commune était la représentante véritable de tous les éléments sains de la société française et, par suite, le véritable gouvernement national, elle était en même temps un gouvernement ouvrier, champion audacieux de l’émancipation du travail et, à ce titre, elle avait un caractère décidément international.

A l’escroquerie cosmopolite des capitalistes appelant à leur secours les fripons de tous les pays, les Communards opposaient leur ardent internationalisme.

En effet, la Commune a placé à la tète de ses troupes des hommes comme les Polonais Dombrowski et Wrobleski, elle a accueilli dans son sein l’ouvrier hongrois Frankel. Elle a admis tous les étrangers à l’honneur de mourir pour sa cause immortelle.

Or, de 1939 à 1945, il y avait aussi, dans les rangs de la Résistance, sur le sol français, les intrépides combattants espagnols, polonais, hongrois, roumains, tchèques, bulgares, belges et allemands. L’esprit internationaliste de la Commune vivait en eux.

Et aujourd’hui, en 1951, au moment même où les Pleven et les Moch, les Schuman et les Queuille serrent les mains sanglantes des généraux nazis à la Speidel et à la Heusinger, au moment même où ils acceptent la mise en liberté d’un Alfred Krupp, où ils obéissent aux potentats du dollar et où, entourés par un ramassis de forbans couverts de la boue des scandales, ils préparent fébrilement, à la place qui leur est réservée dans la nouvelle sainte alliance de la réaction, la guerre d’agression antisoviétique et antidémocratique, c’est, encore une fois, la classe ouvrière et son parti, le Parti Communiste, qui illustrent de leur courageuse conduite, cette parole mémorable de Jean Jaurès :

Un peu d’internationalisme éloigne de la Patrie, beaucoup d’internationalisme en rapproche.

En 1871, Thiers était avec Bismarck,

En 1940, Pétain était avec Hitler,

En 1951, Pleven est avec Adenauer.

Et avec eux, il y a toute une faune d’aigrefins, d’hommes d’affaires sans patrie, en train de bâtir des fortunes scandaleuses sur la misère et les souffrances du peuple.

En 1871, les Communards étaient avec Bebel et Wilhelm Liebknecht.

En 1940, les descendants des Communards étaient avec Ernst Thaelman, héros de la lutte antifasciste.

En 1951, les héritiers des Communards sont avec Wilhelm Pieck et Otto Grotewohl, ardents combattants de la paix.

Et avec eux se trouvent tous les braves gens épris de liberté, d’indépendance et de paix.

Les Communards étaient à la fois des patriotes et des internationalistes.

Les Communistes sont, eux aussi, des patriotes et des internationalistes.

Les Communards portaient haut et ferme le drapeau de la défense de l’indépendance nationale et de la souveraineté de leur propre pays.

Aujourd’hui, les Communistes sont à la tête de toutes les forces disposées à défendre la cause de l’honneur et de l’indépendance nationale.

Ils rallient autour d’eux toutes les forces démocratiques et patriotiques du peuple.

Et en même temps, profondément internationalistes, ils se trouvent dans le combat avec toutes les forces mondiales du camp anti-impérialiste et démocratique guidés par l’exemple de la grande Union Soviétique que dirige Staline, le plus grand des patriotes et le plus grand des internationalistes. Ils entendent édifier sur toute la terre la nouvelle société socialiste, «dont la règle internationale sera la paix parce que son régulateur national sera partout le même, le travail.»

Ils sont ainsi fidèles à la mémoire des glorieux combattants de la Commune de Paris.

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